2017/10/18

L'estime de soi: un long cheminement



Définition de l'estime de soi : Jugement que l'on a de soi et que l'on porte sur soi.

Je publie rarement des billets personnels, mais je sentais que celui-ci pourrais peut-être aider quelques personnes. Et même si ça en aide qu'une, why not?

Toute jeune, à l'école primaire, j'étais la "grosse patate". J'avais certainement quelques livres en trop et on me le laissait savoir assez régulièrement. Déjà à cette époque, mon estime de moi en prenait un coup. Les enfants peuvent être très méchants entre eux. Je me souviens d'un valentin qu'on m'avait donné à l'école, pour la St-Valentin, où apparaissait une vache. Le garçon qui me l'avait donné trouvait que ça collait bien à mon image... j'avais ravalé mes larmes et ma gêne et avait vite caché puis jeté le valentin maudit. Mais le mal était déjà fait. Mon estime de "moi" en avait pris tout un coup!

Les régimes ont commencé très tôt dans ma vie. Je crois que j'avais 11-12 ans la première fois que j'ai testé la fameuse diète au thon. Bien qu'elle fut assez santé et qu'elle ne s’étalât que sur trois jours, je l'ai fait tellement de fois que je me suis écœurée du thon et j'en ai plus mangé pendant des années et des années! Mais je voulais tellement être mince...

Bref, je perdais 10 lbs, tout allait bien, jusqu'à ce que je les reprennes. Je n'étais pas grosse, mais je ne me sentais jamais assez belle. De plus, avec l'adolescence qui entrait dans ma vie, j'aurais aimé être aussi jolie et mince que les filles qui étaient populaires à l'école. 

Je me suis retrouvée à souvent manger qu'une seule pomme pour dîner. Un seul fruit pour passer toute la journée, ce n'était pas "ben ben bright", mais c'était la façon que j'avais trouvé pour garder un poids "correct". De fil en aiguille, comme toutes les diètes qui ne sont pas santé, je reprenais un peu plus à chaque fois que je recommençais à manger normalement.

Puis je suis tombée en amour. Beaucoup trop jeune, je suis allée vivre avec lui. Mais à 14 ans, je n'étais pas mentalement préparée à vivre en couple. J'ai connu des hauts et beaucoup de bas. Je ne me sentais pas aimée pour moi-même et je me suis mise à manger mes émotions. En quelques années, j'ai pris énormément de poids. 

Dans un cours d'éducation physique, au secondaire, nous devions faire un test de BMI (Body Mass Index). Mais le pire dans tout ça c'est qu'il fallait lire notre résultat tout haut. Mon résultat? Obèse. Imaginez ma gêne intense et le dégoût de moi-même. Aucun prof ne devrait infliger cela à un adolescent. JAMAIS.

En plus, mon chum ne se gênait pas pour me traiter de grosse et de me dire qu'il avait honte de moi. Il m'en aura fallu du temps et une énorme crise d'angoisse qui m'a conduite à l'hôpital pour comprendre que je me faisais mal en restant là. Mais ce fut le coup de pied au cul dont j'avais besoin. Quelques jours plus tard, je prenais mon courage à deux mains et je le quittais. 

Ma guérison a débuté à cet instant précis. En me choisissant MOI, j'avais comme enclenché toute une série d'événements qui m'aiderait à retrouver confiance en moi et surtout mon estime de MOI.

J'ai changé de ville, trouvé un nouvel emploi et rencontré celui qui deviendrait le père de mon enfant. Celui-ci avait 22 ans de plus que moi mais il me trouvait belle, même avec mon surpoids. Il riait de mes blagues, était compréhensif et me rassurait pendant mes crises d'angoisses qui revenaient régulièrement à l'époque. Certains diront que j'avais trouvé un père, je pense sincèrement que j'avais trouvé celui qui m'aiderait à m'accepter telle que j'étais et mettrait un baume sur mon cœur après tout ce que j'avais vécu.

Quand on se sent aimé tel que l'on est, on se concentre moins sur ses défauts. On fini par s'apprécier soi-même, et de fil en aiguille, après avoir accouchée d'un beau garçon, j'ai décidé de me prendre en main pour être fière de moi. Je suis donc rentré chez Weight Watchers avec un gros 205 lbs et j'en suis ressortie un ans plus tard avec un beau 138 lbs. En me sentant aimée, tout naturellement je me suis aimée et le reste à suivi. 

Par la suite, un autre pas important qui m'a beaucoup aidé: j'ai suis allée en relation d'aide pour briser certains "moules négatifs" que j'avais gardé à cause de l'alcoolisme de mon père et suite à cette première relation qui m'avais laissé plus ou moins détruite. En guérissant plusieurs bobos, en guérissant mon estime de moi, je me suis doucement libérée. Mes crises d'angoisses ont pratiquement disparues et une autre perte de 10 lbs s'ensuivit tout naturellement.

J'ai aussi réalisé qu'à chaque fois que je faisais des crises d'angoisses, c'est que je n'avais pas écouté ma petite voix, mon intuition qui me disait qu'il était temps de faire des changements dans ma vie. C'est comme si la crise d'angoisse me forçait à bouger, à foncer dans la vie plutôt qu'à rester stagnante à un endroit qui ne me convenait plus.

L'estime de soi est un travail régulier chez plusieurs personnes. Chez-moi, je dirais que ça a été un travail constant, et ça l'est encore. Je me trouve maintenant jolie, ce qui n'a pas été le cas pendant très longtemps. Je suis aussi capable d'accepter les compliments et de les apprécier. Dire "merci" au lieu de "ben voyons donc, tu me niaises". 

L'estime de soi passe aussi par l'écoute de soi. J'ai appris à dire "non". Non quand ça ne me convient pas, non quand je ne le sens pas, non quand j'ai besoin de me reposer. Écoute ton corps, comme le dit si bien Lise Bourbeau. Sois ta meilleure amie, comme l'a écrit Josée Boudreault. Des livres que je vous conseille grandement!

Voilà, j'avais juste envie de vous glisser un mot sur le cheminement qui a été le mien pour en arriver à ce que mon estime de "moi" redevienne positive, en espérant que ça redonne du courage à ceux qui en ont besoin! ☺

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